#Bieles2017 – Sanne Cant au bout du suspense

Au terme d’une course indécise et au prix de nombreux rebondissements, Sanne Cant est devenue championne du monde, ce samedi à Bieles, au Luxembourg. La Belge de 26 ans, déjà médaillée par le passé mais jamais sacrée, devance Marianne Vos, septuple championne du monde de cyclo-cross. Katerina Nash complète le podium. Résumé.

Sur la ligne de départ, une question se pose. Qui prendra les deuxième et troisième place derrière Marianne Vos ? La Néerlandaise, absente du mondial en 2016, réalise une fin d’hiver tonitruante, conséquence d’un début de saison retardé : le 17 décembre lors du Scheldecross d’Anvers. Tout juste dix courses dans les sous-bois depuis son retour. Le bilan ? 7 succès dont trois en Coupe du Monde – Zolder, Fiuggi et Hoogerheide. Et quand elle ne s’impose pas, elle fait deuxième – Loenhout – et quatrième – Scheldecross – lors de sa première course de reprise. Pas mal. Juste assez pour qu’elle endosse de nouveau un costume qu’elle avait perdu l’habitude de porter, celui de favorite numéro 1.

Si Ellen Van Loy (Belgique) prend le meilleur départ, rapidement un groupe se détache. Elles sont nombreuses : Eva Lechner, Lucinda Brand mais aussi la Luxembourgeoise Christine Majerus et la Canadienne Maghalie Rochette, surprise du groupe, viennent s’ajouter au duo Sanne Cant et Marianne Vos, indéboulonnables. Marianne Vos accélère une première fois. On pense alors la course entendue. Cant, Nash et Brand assurent la poursuite à tour de rôle. Mais sentant son rêve s’envoler une énième fois, Sanne Cant réagit. Elle fait, seule, la jonction avec la Néerlandaise. En toile de fond, le duel est lancé. Mais Lucinda Brand, puis Katerina Nash et même Maghalie Rochette, reviennent. À deux tours du but, elles sont cinq à pouvoir espérer la victoire.

Cinq pour trois médailles. Cinq pour un seul maillot irisé. Bien trop pour ne pas voir du mouvement. Marianne Vos porte une nouvelle offensive. Elle se détache. Considérablement. Cette fois-ci, la foule semble se faire une idée. Les Néerlandais sont euphoriques, soutiennent leur protégée. Sanne Cant s’isole en contre. Lucinda Brand et Katerina Nash, elles, livrent bataillent pour le bronze. À l’entame du dernier tour, les positions sont figées. Mais la beauté du sport, du cyclo-cross, d’un championnat du monde, d’une course d’un jour réside dans l’incertitude. L’incertitude, le risque, la chute, le saut de chaîne. Dans l’ultime boucle de circuit, Marianne Vos doit descendre de vélo. Débloquer sa chaîne, la remettre et repartir. Entre temps, Sanne Cant est revenue et passée devant. La Batave parvient à remonter sur sa machine lorsque la Belge la double à peine. Le duel est totalement relancé.

Chacune leur tour, elles tentent de prendre l’avantage l’une sur l’autre. Poussant leur adversaire à faire une faute qui lui serait fatale. Mais à quelques centaines de mètres de la ligne d’arrivée, au pid du vertigineux dévers, Sanne Cant force la décision. Elle accélère. Prend les commandes. Marianne Vos lutte un temps puis plie. Sans toutefois craquer. Encore un petit effort, un dernier «coup de cul» puis le dernier virage. Elles sont roue dans roue. Les mains aux cocottes. Deux pays s’opposent. Les Belges contre les Néerlandais. La rivalité entre les deux pays, voisins, est palpable au coeur de la foule. Les supporters retiennent leur respiration le temps du dénouement. À 100 mètres de la ligne, Marianne Vos se relève. Sanne Cant est sacrée. Après avoir été vice-championne du monde à Tabor, en 2015, battue, au sprint, par Pauline Ferrand-Prévôt, troisième à Koksijde en 2012 et à Heusden-Zolder, en février dernier puis finalement quatrième à Hoogerheide en 2014, la Belge reçoit enfin la récompense suprême.

«Je n’y crois pas, confie la nouvelle championne du monde en conférence de presse. En passant la ligne, j’ai vérifié que personne ne l’avait passée avant moi ou qu’il ne reste pas un tour à parcourir ! (rires) J’ai commencé le cyclisme à six ans. Il y a 20 ans. Ça fait 20 ans que je rêve de ce maillot. Je m’en suis souvent approchée sans jamais l’obtenir. J’ai tellement de mal à réaliser que je risque de dormir avec le maillot ce soir !» Sanne Cant, 26 ans, s’impose devant Marianne Vos, un véritable honneur. «Ça me fait plaisir d’avoir pu lutter contre Marianne. C’était une belle bataille. Au moins, on ne pourra pas dire que j’ai été championne car elle était absente ou ce genre de chose. Je mérite même un liseret de plus sur mon maillot de championne ! En hommage à Marianne.» plaisante la native d’Anvers. «Sanne mérite pleinement son titre. C’était peut-être l’une des courses les plus excitantes et intéressantes que j’ai eu à disputer dans ma carrière. Je ne pense pas avoir fait trop d’efforts, c’est le jeu. Si tu n’attaques pas, tu ne peux pas mettre tes adversaires en difficulté. Sanne va enfin pouvoir porter ce maillot irisé au quotidien. À l’entrainement, en course, toute une saison. Et la pression qui va avec aussi… qu’elle profite de ces moments !» Les conseils d’une septuple championne du monde de cyclo-cross, aussi sacrée sur route et sur piste, qui ne manquera pas, c’est certain, les mondiaux de Valkenburg, chez elle, en février 2018. Il y a cinq ans, elle était devenue championne du monde sur route à… Valkenburg. Au sommet du Cauberg. Rendez-vous est pris.

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