Challenge National Aurignac : Récit d’une journée de galère


aurignac

Ce Tour de la Communauté de Communes du Canton d’Aurignac (TCCCA) n’a pas réservé énormément de surprises. Tout au long du week-end, les favoris se sont affrontés pour finalement se partager les étapes. Valentin Madouas a lui empoché le général. Retour sur une épreuve humide, froide et compliquée, vécue entièrement de l’intérieur !

Tuer le temps avant que le temps ne te tue

Réveil à 7h. La journée commence timidement. A l’hôtel de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) les équipes de Lorraine, Franche-Comté, Provence, Centre et Languedoc-Roussillon se côtoient. Devant le petit-déjeuner, on parle de tout et de rien. Des casquettes. Du style vintage. Du PSG-OL de la veille. De la météo. Mais pas beaucoup de vélo. Il faut penser à autre chose… Les coureurs se succèdent au buffet de l’hôtel. Tous en survêtement. Sacs sur le dos ou valise à la main, ils sortent un à un. Le bal des voitures peut commencer. Direction Alan.

Il est 9h30. Collation pour tout le monde. L’occasion pour les coureurs de se voir. De s’observer. De se toiser face à un plat de pâtes et quelques carottes. Quelques éclats de rire timides proviennent de la table du comité de Provence. Visiblement, ce sont les seuls décontractés à l’amorce de cette épreuve en ligne. Ensuite, il reste plus de deux heures à tuer d’ici le début des festivités. Présentation des équipes. Contrôle braquet. Échauffement. Puis placement sur la ligne de départ. Le stress et la pression montent doucement.

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Le lâché de fauves

Il est 13h. Tout le monde s’agglutine sur la ligne de départ. Les premiers sont déjà là depuis plus d’un quart d’heure. Sous le froid et la pluie… 3.2.1. C’est parti ! Un petit kilomètre de fictif. Ça frotte. Ça descend. Tendu comme départ. Vite il faut remonter parmi ce peloton compact. Aider ses leaders ou se replacer soi-même. Le premier classement intermédiaire arrive vite. Tout le monde se regarde. Un pinpin du Languedoc-Roussillon emmène. (Un de ces casquetteurs en folie). Mais Adrien Carpentier (Nord-Pas-de-Calais) et Joffrey Degueurce (Franche-Comté) se révèlent les plus rapides.

Mais toujours aucune échappée ne se forme. Le rythme s’intensifie. Tout le monde veut se placer. Mais tout le monde ne passe pas. BAM. Kilomètre 20. La fin pour certains. Une chute collective, aux alentours de la vingtième place, scinde le peloton en deux. A l’avant, tout le monde est surpris. Les favoris sont présents. Finalement, le peloton se reforme. Mais une nouvelle chute survient. Corentin Ermenault (Picardie), leader du classement général, ne s’en relèvera pas ! Le maillot jaune, touché au niveau de la roue arrière chute lourdement. Un soleil par dessus le vélo et puis plus rien. Il se retrouve sur l’asphalte, face au peloton lancé à toute allure. Il sera la grande victime de cette journée.

Silence, ça chute !

Mais la course se poursuit. Les Picards demandent des nouvelles de leur leader. Les tactiques s’ajustent. Le premier classement grimpeur arrive. Le placement est primordial. Les Franciliens passent à l’offensive. Théo Nicolas et Sylvain Montana sont de ceux-là. Aurélien Paret-Peintre remonte aisément dans le peloton. A l’arrière, ça s’écrème de plus en plus. L’ascension fait des dégâts. Le petit languedocien qui roulait au début est à la limite de rupture. Mais pour le bien de son travail, il s’accroche. Histoire d’avoir des choses à raconter…

En haut ça embraye. Damien Touzé (Normandie) met la poignée. Une dizaine d’hommes s’échappent. Derrière, ça chute. Rayane Bouhanni, 2e du général, est à terre. Son équipier, Pierre Idjouadiene aussi. Un coureur de Midi-Pyrénées se fond même dans le décor. Au fin fond du fossé. Le vélo, dans le champ, témoigne de la violence du choc et du freinage. Le peloton ne ralentit pas pour autant. Il faudra une dizaine de kilomètres à Rayane Bouhanni pour retrouver sa place dans le peloton. Son cuissard FDJ est troué. Mais Bouhanni est un guerrier. Il revient. Se replace et jouera la gagne jusqu’au bout. Impressionnant.

«On a perdu la connexion»

Une fois le ravitaillement passé, la course s’emballe. Une première véritable échappée prend le large. Quinze coureurs. La bonne échappée se dessine. Le deuxième classement grimpeur achèvera les coureurs les plus justes. Le Languedocien à la casquette relevée explose en vol. Tout comme Adrien Carpentier, le sprinter des premières heures. Il reste 50 kilomètres de course. 30 jusqu’au circuit final. De là, c’est un véritable enfer. Durant plus d’un quart d’heure, les lâchés chassent pour revenir sur l’arrière du peloton. Rien à faire. Ça ne rentrera pas. Mais devant, de nombreux coureurs vivent la même chose.

Alors que devant, les favoris se jouent la gagne. Derrière, tous les autres rament. La pluie battante ne cesse pas. La sensation de froid s’intensifie. Se battre non pas pour gagner. Juste pour finir. Loin des honneurs du podium ou de la victoire. Pour ce «Gruppetto» il faut juste lutter contre l’hypothermie naissante. Heureusement, entre eux, les coureurs se réchauffent le coeur à coup de blagues. Le braquage de Benque, petite ville d’Haute-Garonne où les coureurs passent. Quand le Gruppetto passe sur la ligne, les premiers sont à trois kilomètres de la ligne.

Godon et Madouas vainqueurs. Bretagne et Rhône-Alpes leaders

Comme beaucoup, ils étaient venus là pour gagner. Et eux n’ont pas déçu. Discrets jusqu’au premier grimpeur, les comités de Rhône-Alpes et de Bretagne ont ensuite pris la course en main. Au dernier classement de la montagne, les Bretons passent deuxième, troisième, quatrième et cinquième. Rien que ça. A l’arrivée, les protégés de Samuel Monnerais peuvent s’estiment satisfaits. Valentin Madouas est deuxième de l’étape. Il remporte le classement général de l’épreuve et prend la tête du Challenge National. Cédric Le Mouël, junior 1, est troisième de l’étape. Florian Barket se classe cinquième. Léo Danes enlève le maillot vert de meilleur sprinteur. Et pour couronner le tout, la Bretagne s’offre le titre de meilleure équipe du week-end. Carton plein.

podiumLes Rhônalpins remportent quant à eux l’étape avec Dorian Godon. Et décrochent une quatrième place avec Aurelien Paret-Peintre. Le duo Rémy Rochas – Sandy Dujardin, huitième et neuvième. C’est surtout au classement du Challenge National que la formation de Rhône-Alpes domine. Certes, ces grimpeurs laissent Madouas leader, mais ils prennent la tête par équipe et placent cinq hommes parmi les 26 classés. Propre.

Par Josselin Riou
@Josselin_Riou

2 réflexions sur “Challenge National Aurignac : Récit d’une journée de galère

  1. Vraiment très sympa cet article. Bien écrit, Rythmé et drôle en plus. J’ai vécu la course en tant que papa de coureur et c’est sûr qu’avec cette météo horrible et toutes ces chutes, le stress était permanent. Mais bon, faut faire avec … vivement la 2eme manche !!

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