Inside le Tour – Episode 1 : «Ils sont fous ces anglais !»

Le Tour de France 2014 s’élance de Leeds, petite ville de 400 000 habitants, située dans la province du Yorkshire, au nord de l’Angleterre. Stagiaire pour le compte d’Eurosport International, je vis là ma première expérience sur les routes de la Grande Boucle. Cycliste et passionné, je vous ferai partager mon quotidien dans l’univers de la plus grande course cycliste du monde. L’un des événements les plus médiatiques de la planète. La Gazette des sports présente Inside le Tour.

Tout commence un beau matin de juillet. Il est 9 heures à Paris, ce mercredi 2 juillet. Sur le parking d’Eurosport une voiture arrive. Impossible de la manquer. Elle arbore fièrement les couleurs du Tour de France. Autocollants à l’appui cette voiture est la vitrine de la nouvelle émission d’Eurosport : Lemond On Tour. Un véhicule qui, à coup sûr, fera des émules durant trois semaines sur les routes de France, d’Angleterre et de Navarre. La route nous mène jusqu’à Calais, où le ferry nous attend. Il ne suffit que d’une heure et des brouettes pour franchir la Manche. Certains choisiront l’avion pour se rendre à Leeds. D’autres le train ou encore le bateau, mais durant huit heures pour les débarquer directement au nord du pays.

Une fois le pied posé sur le sol britannique, le voyage prend une nouvelle saveur. «Ton boulot c’est de me rappeler que je dois rouler à gauche !» Ricane Vincent Renault, le journaliste aux 10 000 followers que j’accompagne. Dès lors, il faut doubler par la droite. Prendre les rond-points à l’envers. Convertir les distances et les vitesses. Après de longues heures de route et quelques photos prises par les automobilistes de notre Greg LeMond, nous arrivons à Leeds. Le lendemain c’est la présentation des équipes dans le Leeds Arena. Il ne faut pas tarder.

Jeudi 3 juillet. L’ambiance monte d’un cran. Aujourd’hui le Tour commence à prendre des couleurs. Ses couleurs d’été. Les rues de Leeds et des villes alentours sont jaunes, vertes, blanches ou à pois rouges. Les petits vélos ornent chaque maison ou entreprises de la ville. Des tribunes sont mêmes installées sur le parcours du départ fictif, à la sortie de la ville. Pire, au château d’Harewood, deux jours d’un gigantesque festival de cyclisme est organisé. Plus de 25 000 personnes sont attendues. L’entrée est payante mais permet aux spectateurs de voir la course dans l’enceinte du château. Avec concerts, vente de donuts, beignets, pop corn & Co, le comte a mis les petits plats dans les grands. Le cousin de la reine veut que le Tour soit une fête, chez lui. Ce n’est pas donné à tout le monde…

À Harrogate, arrivée de la première étape, les rues sont plus calmes. La ferveur n’est pas la même. Aux hôtels des coureurs quelques badauds tournent autour des montures de champion. Le vélo de Chris Froome subit une séance photo face à l’hôtel. A l’intérieur, Nicolas Portal, le directeur sportif de la SKY, branché à son portable attend le déjeuner avec impatience. Sir Dave Brailsford, le manager de la formation britannique sirote un cocktail entre amis. Plus loin, Mark Cavendish, assis au fond de son fauteuil, dans l’un des couloirs de l’hôtel, nous salue. «Ça va ?» se risque-t-il en Français.

Il faut ensuite se rendre à la Leeds Arena. C’est ici que se déroulera la présentation des équipes. La salle est immense. Plus de 12 000 personnes peuvent s’y amasser pour assister à des concerts ou spectacles. Mais les Anglais ont mis les petits plants dans les grands. Les coureurs procèdent à une parade d’un petit kilomètre dans les rues de la ville. La foule, venue en masse, fête le vélo. Un avant-goût des premières étapes. Les SKY ont même eu le droit à une véritable standing ovation. Simon Yates, pour son premier Tour a également reçu de vives encouragement de la part du public britannique.

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Mais après plus de deux heures de show. 198 coureurs. 45 618 photos prises. 571 interviews. La pression retombe. La présentation se termine. Maintenant coureurs, journalistes et organisateurs  n’ont qu’une hâte. Et moi le premier. Que le grand départ soit donné. Que les trois semaines du Tour, LE Tour, commencent enfin. Que la guerre soit déclarée et que la foule, en délire, acclame ces forçats de la route. Héros de nos coeurs qui déchainent les passions au gré de leur coup de pédale.

On a vu, fait ou entendu :

Adrien Petit devant son hôtel, rentrant de l’entraînement. «Eh on peut passer derrière la caméra là ? Ça gène pas ? Eh Julien (Simon) je passe avec toi. Je suis un timide moi.» Bon finalement le caméramen a arrêté de filmer lorsque le grand Petit s’est approché. Bien joué !

Cyril Lemoine à la descente du bus Cofidis. «Ici, les paysages sont super chouettes. On va souvent en stage dans les îles ou dans le sud mais jamais dans les pays du Nord. C’est dommage. On découvre de superbes endroits où il est plaisant de faire du vélo. Partout dans les rues il y a des vélos jaunes ou quelque chose qui rappelle le Tour.»

Jérôme Pineau (IAM) qui s’amuse des photographes lors de la présentation des équipes. «Centrez davantage les photos sur moi. C’est ici que c’est intéressant, merci à vous.» Et l’équipe suisse s’en va dans un éclat de rire. Thomas Voeckler, dans le même style. «Et dire que vous pourriez être à la coupe du monde, sous le soleil de Rio» adresse-t-il au parterre de photographe, agenouillé face à l’équipe Europcar.

Par Josselin Riou
@Josselin_Riou

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