#3 : Le rideau se baisse

1391862_10202076495855769_332026152_nAprès de belles prestations chez les amateurs, Jérémy Bescond avait choisi de franchir le rubicond. Embauché par la formation nordiste Cofidis, l’ancien pensionnaire du VC Vaulx-en-Velin pensait enfin toucher son rêve. Finalement, cela tournera court. Après deux mois de courses, Jérémy Bescond a dû raccrocher le vélo pour soigner une toxoplasmose. Pour @La Gazette Des Sports, le breton revient sur sa première année dans le monde professionnel. Entretien.

« J’ai rendu copie blanche. »

En enfourchant son vélo durant l’hiver, Jérémy Bescond pensait se préparer de la plus belle manière à son nouveau travail. Au final, tous les efforts consentis par le jeune néo-professionnel n’auront pas servis. Il commente :

« Si je devais résumer en un mot ma saison, je dirai mitigé. Mitigé car j’ai rendu copie blanche et je ne m’en cache pas ! Le seul côté positif de cette saison 2013, c’est que j’ai tout de même énormément appris sur beaucoup de choses : le fonctionnement de l’équipe, la façon de courir chez les pros, l’alimentation, l’entrainement… »

1012205_10201435214064125_475201849_n

« Ça a été le pire moment de ma vie ! »

Après des débuts difficiles, en demi-teinte, bien souvent dans des conditions climatiques atroces, Jérémy Bescond a été contraint d’abandonner  le Tour de Turquie. Dans la foulée, les médecins lui décèlent une toxoplasmose. Avec du recul, c’est dans la douleur que le jeune coureur de 23 ans a mûri et grandi.

« J’ai eu des conditions hivernales incroyables là où j’habite, dans un petit hameau montagneux au-dessus de Grenoble. J’allais rouler dans la neige. J’étais motivé à 200% à l’idée de découvrir le monde professionnel. En arrivant sur les premières courses, j’étais très en forme puis c’est petit à petit qu’elle s’est dégradée. Je pensais d’abord que c’était à cause des conditions exécrables du début de saison. Je ne comprenais pas, je me sentais comme grippé, décrit l’intéressé à La Gazette Des Sports.

1393060_10202086837114294_823474724_n

«  J’ai énormément appris sur la vie. »

Je suis quand même allé disputer le Tour de Turquie. Je voulais vraiment marcher ! C’est assez montagneux et un ton en-dessous des épreuves WorldTour. Malheureusement, arrivé sur place, j’ai fait une crise de fatigue. Je n’ai pas mangé la veille du départ. J’ai réussi à tenir trois étapes puis j’ai demandé à rentrer en France au plus vite. On m’a appris que j’avais une toxoplasmose depuis février. Suite à ça, je suis resté deux mois sans rouler. Ça a été le pire moment de ma vie ! »

S’il a souffert, Jérémy Bescond a su trouver le soutien dont il avait besoin pour repartir. Il ajoute : « J’ai énormément appris sur la vie pendant ces deux mois de repos forcé. J’ai pu voir sur qui je pouvais compter vraiment. J’ai reçu beaucoup de messages de soutien qui m’ont touché. »

« La pêche ou la rando : la meilleure thérapie ! »

 

Malgré l’interdiction stricte de s’entraîner, le coureur de la Cofidis ne pouvait rester loin du sport, qu’il aime tant. La solution ? Toucher à tout et retrouver le goût des choses simples comme dirait un célèbre publicitaire.

1380166_10202005232954241_877740506_n

« Les docteurs m’ont interdit de rouler mais moi, j’adore les sports d’endurance et pas que le vélo ! La course à pied et le Trail m’attirent beaucoup. Je ne me suis jamais plains de rouler 6 ou 7h. Personnellement, je n’ai pas l’impression de travailler quand je pars rouler ! Du coup je me suis dit qu’il fallait profiter des choses que je n’ai jamais pas eu l’occasion de faire ou que je n’aurais pas le temps de faire à l’avenir. Du coup, j’ai été à la pêche et je me suis organisé des randonnées en montagne. La plupart du temps, je faisais ça seul. Ça a été la meilleure thérapie possible pour moi. » indique Jérémy Bescond, au moment de revenir sur cette période blanche de l’année 2013.

« Quand tu es cloué au lit, tu te rends compte des choses… »

Passé professionnel à 21ans, alors qu’il était encore Espoir, le petit homme originaire de Douarnenez (Finistère) a-t-il pris conscience de ce à quoi allait ressembler son avenir ? Aujourd’hui, après avoir connu des difficultés, il constate :

«  En passant professionnel, j’avais encore la mentalité de me dire « Zut, il pleut » ou « Il fait froid ». Aujourd’hui, c’est différent. Je ne pense pas que je réalisais, il y a quelques mois, la chance que j’avais d’être un cycliste pro. Ce que je peux vous assurer, c’est que lorsque vous êtes cloué au lit et que vous regardez les courses de vélo derrière votre écran de TV, vous vous rendez compte des choses ! »

« J’étais soulagé de reprendre ! »

Quelques mois passés loin des courses auront fait de Jérémy Bescond un autre homme. Suite à l’autorisation des médecins de reprendre l’entraînement au début du mois d’août, le pensionnaire de la formation Cofidis ne s’est pas fait prier. De retour sur son vélo, il n’attendait qu’une chose : reprendre la compétition. Chose faite lors du Tour de Poitou-Charentes.

« J’étais ultra motivé à l’idée de pouvoir reprendre les courses. C’est avec l’ensemble du Staff médical et technique de l’équipe que nous avons décidé de reprendre sur ce Tour du Poitou-Charentes (du 27 au 30 août 2013, NDLR), suite à de bons entrainements, chez moi, en montagne. Un retour sans pression. J’étais soulage de reprendre mais un peu anxieux. C’était une course avec cinq étapes. Finalement, ça s’est super bien passé. C’était une bonne course de reprise ! » décrypte l’isérois d’adoption.

Capture_d_ecran_2013_10_17_a_11.54.11

« J’ai déjà hâte d’attaquer 2014. »

Après avoir rendu « copie blanche », impossible pour le parrain de l’école de vélo du CC Douarnenez de dresser un éventuel bilan de sa saison 2013. Maintenant, il n’a qu’une hâte : « Attaquer l’année 2014 en pleine santé et, je l’espère, sans problème ! » C’est donc au soir de l’épreuve Paris-Bourges que Jérémy Bescond a mis un terme à sa première saison professionnelle. Une gentleman, une course de VTT et la coupure arrivera enfin. « Une vingtaine de jours avant de reprendre doucement l’entraînement dans le sud de la France. » note le coureur qui déménagera en Provence dans quelques semaines.

Les objectifs de la prochaine saison ne sont pas encore définis pour Jérémy Bescond mais une course retient son attention : « J’aimerais vraiment participer au Dauphiné qui passe au pied de chez moi. Les places sont chères ! J’espère que tous mes problèmes sont désormais derrière moi et montrer enfin mon vrai visage… »

1013531_10202117840129350_638207580_nIl conclut : « Je souhaite remercier Yvon Sanquer et Jean-Luc Jourond (Directeurs sportifs de l’équipe Cofidis, NDLR) qui m’ont soutenu pendant ma maladie mais aussi Régis Auclair, le DS de Vaulx-en-Velin. Il m’a appelé tous les 15 jours pour suivre l’évolution de maladie. Il m’a aussi permis de venir en stage à la montagne avec l’équipe DN1 avant le Tour des Pays de Savoie. J’ai vraiment apprécié ce geste. Je n’oublie pas non plus mon entraîneur qui se reconnaîtra… »

De retour chez lui, dans le finistère, Jérémy Bescond se repose et récupère d’une première saison contrastée et marquée par sa toxoplasmose. Guéri, il est déjà tourné vers l’avenir. Motivé pour montrer de quoi il est capable, il espère frapper fort en 2014.

A suivre dans le prochain numéro de la Chronique besconienne…

Une réflexion sur “#3 : Le rideau se baisse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s