Eurosport met les petits plats dans les grands pour Paris-Roubaix

Pavés

Eurosport met les petits plats dans les grands pour Paris-Roubaix

Vendredi 11 avril. Il est 5h45 du matin. Une seule sonnerie suffit. Un rien vous réveille dans ces moments-là. Ces moments d’euphorie. Lorsque vous savez que vous allez vivre quelque chose de grandiose. D’unique. Suivre Paris-Roubaix. La reine des classiques cyclistes. Voir ce que personne ne voit. Entendre ce que personne n’entend. Bienvenue dans «Eurosport Inside» !

C’est le rêve de beaucoup. D’un côté, la course fait rêver. «L’Enfer du Nord». Le seul enfer qui peut devenir paradis. Une course où tout peut arriver. Rien n’est jamais écrit à l’avance. De l’autre côté, Eurosport. La plus grande chaîne internationale de sport. Alors quand les deux se réunissent… Trois jours de reportage. Vingt personnes. Deux drones. Quatre GoPro. Une régie. Un plateau. Trois télévisions. Quelques paquets de gâteaux. Une machine à café. Un citron. Une flèche. La combinaison parfaite pour un week-end de rêve.

paris

Tout commence le vendredi. Deux jours avant la course. Je me rends à Issy-les-Moulineaux, dans la proche banlieue parisienne. Les rues sont encore bien vides. Il est à peine 7h. Devant les locaux d’Eurosport, deux voitures attendent. Caméras et matériel technique dans le coffre. Vincent, le journaliste. Jean-Phi, le monteur et Fred, le caméraman sont prêts. La première étape de ce voyage se fait aux abords des Champs Elysées. Avant de prendre la route pour le Nord, il faut récupérer le consultant Eurosport. Un Espagnol. Sans doute le seul cycliste ibère à apprécier les pavés : Juan-Antonio Flecha.

Au passage, nous croisons Greg Lemond et sa femme. Le nouvel ambassadeur du cyclisme sur Eurosport s’en va pêcher en Normandie pour les besoins du prochain numéro de Lemond of Cycling. Il prend tout de même le temps de nous saluer. Juan-Antonio descend de sa chambre, vélo sur l’épaule. Un beau Bianchi. Edition spéciale Roubaix. Tout y est pensé pour les pavés. La double guidoline. Les portes-bidons. Les roues. En voiture. Un ultime passage sur les champs. Le tour de l’Arc de Triomphe et Venga. Les pavés nous attendent.

cysoiing

Cysoing – Nord – 11h30

C’est ici que tout commence. Face au PMU, l’équipe peaufine les derniers détails. Une GoPro est fixée sur le vélo de Juan-Antonio. L’ancien coureur garde un oeil sur sa monture. La technologie l’intrigue. Le caméraman monte à l’arrière d’une moto. Tout ce petit monde se dirige vers un secteur pavé stratégique sur Paris-Roubaix. Le numéro 6 ! Là, tout un travail débute. Flecha s’en va reconnaître le pavé qu’il connait déjà si bien. Lui l’homme aux trois podiums. Aux huit places dans le Top10 sur ces pavés. Chaque secteur est ancré dans sa mémoire. De Compiègne à Roubaix, rien ne lui est inconnu. Il partage son expérience avec les téléspectateurs d’Eurosport. Il passe et repasse. Tourne les jambes sous le timide soleil nordiste. S’en va même faire une partie de la route avec la FDJ.fr et son ami Maurilo Fischer.

A chaque secteur, des gens l’abordent. «Oh Juan, je te supportais toujours ! Chaque année, je te voyais le gagner ce Roubaix. Et finalement tu chutais ou tu crevais…» En plus de dix ans de carrière, jamais Roubaix ne lui aura souri. Et pourtant, cet Enfer du Nord demeure pour lui une course particulière. La course parmi les courses. Celle qui concentrait tous ses efforts. Tous ses sacrifices. Juste avant le Tour des Flandres. En empruntant les pavés du Carrefour de l’Arbre, l’Espagnol voit des souvenirs remonter à la surface. Impossible d’oublier l’ambiance. Les spectateurs amassés sur le bord de la route. Le pavé, si mauvais et abîmé qu’il fait la beauté du Carrefour.

carrefour

Alors que Juan repart tourner des images, René Girard, l’entraîneur du LOSC débarque. Il s’installe devant le célèbre restaurant du Carrefour de l’Arbre et patiente. Il contemple les coureurs reconnaissant le parcours. Quand Juan revient enfin, le soleil s’en est allé. Les nuages sont bas. Le public, lui, est bien présent. L’ancien pensionnaire de chez Banesto, Fassa Bortolo ou Rabobank patiente dans la voiture le temps que la conférence de presse qu’il doit donner s’organise. Au fil de notre conversation, JAF me confie les petits secrets des pavés. Les fameux «cobblestones». Le carrefour de l’arbre est un secteur crucial. Il s’apparente même bien souvent au tournant de l’épreuve.

Mais pour parler du pavé, il faut le battre. Le dompter. L’appréhender. «Viens prends mon vélo. Tu fais du 43 en pointure ?» Me voilà engagé sur les plus mythiques pavés du monde. Ceux qui font rêver. Cinq petites minutes puis demi-tour. «Tu es allé jusqu’au virage ? Vas-y fait tout le Carrefour t’inquiètes.» C’est reparti. J’emprunte le Carrefour à l’envers. Roule sur le bas-côté. Attaque le pavé de front. Puis arrivé au bout du secteur, demi-tour. D’autant plus que la formation Lampre-Merida arrive pour la reconnaissance. Petit plateau presque tout à droite. J’embraye. Derrière c’est quand même Pippo Pozzato et compagnie. J’accélère. Ça trinquaille. Insupportable sensation de vibration. Et c’est pourtant ça qui rend l’instant incroyable. Les quelques spectateurs présents me regardent avec un air étonné. Au bout du secteur 4, Juan-Antonio m’attend. Il décrypte le secteur avec moi.

Alors que les journalistes arrivent pour découvrir l’univers de Roubaix avec Flecha, l’équipe d’Eurosport se prépare pour repartir vers Bruges. A 16h30, Fabian Cancellara (Trek Factory Racing) nous y attend. Pas question d’être en retard ! Ça file à hauteur de la frontière belge. Première fois que je vais dans le pays de la frite. Tous les panneaux feraient rêver les amateurs de la Petite Reine. Gand. Wevelgem. Harelbeke. Kuurne. Ruddervoorde. Des noms qui évoquent des monuments. Arrivés en avance, nous profitons d’une petite pause pour se ravitailler. Quoi de plus normal en Belgique que de manger dans une friterie ? La première fois pour Juan-Antonio ! Pour moi aussi.

Fabian FlechaUne fois la bonne barquette de frites belges dégustée, on peut repartir au travail. Le matériel s’installe dans le bus de l’équipe belge. Sous un magnifique soleil, «Spartacus» se fait attendre. Juan et Fabian se retrouvent comme les deux amis qu’ils sont. Deux anciens équipiers, chez Fassa-Bortolo. Deux adversaires sur les pavés des Flandriennes. L’interview se déroule dans le bus. Les caméras sont braquées sur ces deux légendes du cyclisme. L’entretien exclusif doit être diffusé dans l’avant-course pour Eurosport International. Je retiendrai une phrase de Fabian. «Après Paris-Roubaix, en 2004 (il termine 4e d’une échappée de 4 pour la victoire, NDLR) le directeur sportif de Fassa m’a dit : Tu n’as pas gagné mais maintenant, tu sais comment perdre cette course.» Après dix minutes de questions-réponses, l’entretien se conclut. Retour en France. Le montage est déjà en route. Les reportages seront diffusés dimanche. Jean-Philippe restera des heures et des heures devant son ordinateur à voir et revoir les images tournées. Demain, une nouvelle journée commence.

roubaix

L’épisode 1 de «Eurosport Inside» s’achève. Demain, mercredi, découvrez le deuxième numéro. La rencontre avec Greg Lemond. Le déjeuner avec les plus grands journalistes du monde. L’arrivée à Compiègne pour la présentation. La zone mixte. Ce que vous voyez à la télé, je vous le raconte de derrière la caméra. A demain, pour de nouvelles aventures eurosportées !

Par Josselin Riou
@Josselin_Riou

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2 réflexions sur “Eurosport met les petits plats dans les grands pour Paris-Roubaix

  1. Salut,
    C’est Benoit le pilote du drone. As tu vu le résultat du reportage avec Juan Antonio Flécha? As tu un lien?

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