F.Pouilly

Depuis le début de la saison, Félix Pouilly est souvent à l’honneur dans les classements mais en ce samedi 18 août 2012, au sommet de la côte de la Chapelle-Caro, le coureur du Team Wasquehal Junior a concrétisé l’un de ces rêves : devenir champion de France. Rien à faire, ce jour-là, le nordiste était dans une forme olympique. Pour vous, le tout nouveau champion de France junior répond aux questions de La Gazette Des Sports.

Tu as eu une préparation légèrement perturbée avant ces France. Quel était donc ton état d’esprit au départ ?

En effet, je me suis fait une petite blessure au talon fin Juillet, en jouant au foot. J’ai dû arrêter quelques jours et j’ai ainsi raté une coupe de Belgique et le Tour des Flandres. Je me suis alors donné une semaine pour récupérer, et je m’étais dit que si ça durait plus longtemps j’arrêtais tout. Lors du scanner, j’espérais presque avoir quelque chose de sérieux pour être fixé, arrêter ma saison s’il le fallait et partir en vacances. J’en avais marre de ne pas pouvoir bien me préparer et je ne voyais pas l’intérêt d’aller au France sans être capable d’y jouer la « gagne ». Finalement je n’ai arrêté le vélo que 5 jours. Je n’avais rien perdu et il me restait encore deux semaines pour m’entrainer dur, je savais que ça pouvait le faire.

Raconte-nous un peu le déroulement de la course. Tu as toujours su être dans les bons coups au bon moment et courir au millimètre.

Le circuit avait l’air usant, la course était très longue. Je savais donc qu’il fallait être prudent, sans rater le bon coup, c’est la toute la difficulté. Au début ça roulait très vite, je savais donc qu’aucune échappée ne pouvait prendre de l’avance et que je pouvais rester tranquillement dans les roues. J’ai quand même essayé d’aller dans quelques coups. Le rythme s’est assez vite calmé, une échappée était devant, je savais que ça allait ressortir derrière et qu’il ne fallait pas rater le coup. Quentin Jaurégui a dit aux autres coureurs du comité du Nord-Pas-De-Calais de rouler pour maintenir l’écart, et dans la bosse d’arrivée nous avons fait le bond avec une dizaine d’autres coureurs pour rentrer. Ensuite, c’était la bonne. Je savais alors que je n’avais pas encore grillé trop de forces, que la mi-course était passée et que j’étais dans la bonne. J’ai commencé à être attentif à tout ce qui sortait. Quand Kevin Goulot et Marc Fournier sont sortis, j’y suis allé, je savais que c’était un coup intéressant.

On dit souvent que courir au millimètre, c’est le mot d’ordre pour espérer être champion de France. Ton point de vue ?

Courir au millimètre n’est pas, selon moi, une obligation pour gagner. Personnellement, j’ai fait pas mal d’efforts inutiles pendant la course, mais jamais prolongés. C’est clair qu’il faut savoir être économe sur une telle course. En fait, je pense qu’il ne faut jamais se livrer à 100% avant le dernier tour.

 » J’étais presque sûr de gagner au sprint en cote en lançant de loin. J’adore ça, il faut se faire exploser les cuisses, à la Philippe Gilbert !  » Félix Pouilly

Tu étais avec Quentin Jauregui à l’avant, un coéquipier et ami. Comment avez-vous abordé la fin de course ? 

Quentin était très fort, comme d’habitude. Une fois devant, il a été très actif. A 2 ou 3 tours de l’arrivée, il m’a dit  » aujourd’hui c’est pour nous « . Ça m’a motivé, et il avait raison …

Une fois à l’avant avec Founier & Goulot, comment jugeais-tu le final ?

J’ai vite senti que c’était possible. Nous avons pris plus de 30 secondes d’avance, je me suis dis que ça ne pourrait jamais s’entendre derrière, et qu’à 3, on pouvait rouler très vite. Malheureusement, Marc (Fournier) était mort car il en avait beaucoup fait, et nous avons donc presque tout fait à 2 avec Kévin (Goulot). Je pense que c’est là que nous avons montré que nous étions costauds. Pas mal de gens pensent que la décision s’est faite un peu aléatoirement, qu’on est sorti mais que ça aurait pu être d’autres à notre place. Mais moi je pense vraiment qu’on a fait un gros truc avec Kévin. 20 bornes presque uniquement à deux, sans jamais faiblir, et quand on a commencé à coincer à 3 kilomètres, Marc nous relance avec un relais énorme, en énorme poursuiteur qu’il est. J’étais presque sûr de gagner au sprint en cote en lançant de loin. J’adore ça, il faut se faire exploser les cuisses, à la Philippe Gilbert !

On a pu voir tes coéquipiers Jauregui & Van Eslander partager ton bonheur d’être champion de France. C’est aussi la victoire d’un collectif et d’une amitié ?

Quentin Jaurégui (à gauche) et Florian Van Eslander (à droite) partagent le bonheur de leur ami et coéquipier.

C’était super fort de les voir comme ça. On se connait depuis qu’on est pupille (8-9ans), on a été dans le même club en minime… Mais j’étais étonné de voir Quentin verser une larme quand même. C’est un guerrier, un vrai, d’habitude, il est toujours très dur alors c’était incroyable de le voir comme ça ! On a passé des dizaines de nuits l’un chez l’autre quand on était petits, à rêver de nos futurs carrières, et aujourd’hui on est champion de France Cross et Route, la même année. L’histoire est belle. Nous deux, on a vraiment la passion du vélo en nous. On a toujours voulu devenir coureurs et on fait ce qu’il faut pour ça. Beaucoup de garçons de notre âge essayent de se donner un style en jouant les mecs pas sérieux et en feignant de s’en foutre. Nous, on veut réussir.

Avec fierté, le nordiste revêt sa tunique Bleu Blanc Rouge.

Tu as eu l’occasion de porter ce maillot tricolore en course, récemment, alors, qu’est ce qui a changé ?

J’ai commencé par une grande course avec mon club en Belgique, « l’omloop mande leie schelde ». C’est sympa, on est pas mal regardé avant la course mais bon pendant la course, ça ne change pas grand-chose. Ce n’est pas ça qui te fait avancer plus vite. Peut-être que ça donne un peu plus d’orgueil pour s’accrocher lorsque ça devient dur.

Tu nous avais confié être en contact avec le CC Nogent / Oise. Maintenant que ton transfert est officiel, comment envisages-tu l’avenir ?! 

Je pense que c’est le top en France. Ils donnent tous les outils pour réussir. Le programme de course est vraiment bien, et c’est ce que je cherchais avant tout, pouvoir disputer un maximum de grandes courses pour progresser. Ils savent bien s’occuper des jeunes, sans les freiner et j’aime ça. En plus j’y retrouverai Marc Fournier, avec qui j’ai vécu une belle aventure au France, et Antony Turgis, un de mes meilleurs potes. Logiquement, ça devrait bien se passer.

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