Jérôme Lambert, l’exemple à suivre ?

Jérôme Lambert, l’exemple à suivre ?

Vous ne le connaissez peut-être pas encore et pourtant, il est l’un des meilleurs cyclistes handisports français. Champion de France à diverses reprises, le nordiste s’est confié à La Gazette Des Sports lors de l’inauguration du vélodrome « Jean Stab » de Roubaix, le 15 septembre dernier. Rencontre.

Tu as été victime d’un accident. Depuis tu es amputé de la jambe gauche. Que s’est-il passé ?

C’était le 25 février 2008, sur l’autoroute aux alentours de Lille, alors que je circulais en moto. Un automobiliste a brusquement changé de trajectoire. Il est venu me percuter et m’a serré contre la barrière de sécurité. Depuis ce jour-là, je suis effectivement amputé de la jambe gauche.

Tu étais cycliste avant cet accident, tu l’es toujours aujourd’hui. Ton point de vue a-t-il changé ?

Sur le sport en général : non. En revanche, c’est sur mes activités que mon point de vue a changé. Depuis mon accident, il est vrai que mon sport et ma spécificité physique me permettent de donner un sens à mes entraînements et à ma vie en diffusant des valeurs à tous les publics.

Pour pouvoir pédaler « normalement », tu utilises des orthèses et des prothèses. Décris-nous comment cela se passe.

Le mieux pour moi, ça serait d’utiliser une prothèse de jambe. Une prothèse, c’est fait pour remplacer un membre perdu et cela reste le système le plus efficace. Malheureusement pour moi, cette prothèse est inadaptée et me blesse très régulièrement. Je ne peux donc que l’utiliser à quelques reprises durant la saison. J’opte plus souvent pour une orthèse. C’est un appareillage qui me permet de pousser sur les pédales avec ma cuisse et non avec mon tibia. Cela a un double impact. Je me blesse certes beaucoup moins, mais ma performance est moindre car je perds énormément de watts lors de l’effort.

Malgré ton handicap, tu cours régulièrement avec les valides. N’y a-t-il pas un danger ?

Le cyclisme, par définition, est un sport à risque. Comme tous les autres coureurs, j’ai un risque de tomber, mais certainement pas plus. Je ne suis pas un manchot ! (rires). Je plaisante car même les manchots font du vélo, ils sont mêmes considérés moins handicapés que moi.

« Je n’ai pas plus de risque de chute que les autres, je ne suis pas manchot ! »

Selon toi, qu’est-ce qui peut être fait en faveur du monde handisport ?

Je pense que davantage de médiatisation permettrait aux sponsors d’investir dans le monde handisport et d’ainsi améliorer la condition des athlètes. Ces dernières années, le handisport s’est professionnalisé grâce à l’arrivée de nations émergentes. Malheureusement, ces nations ont creusé un fossé entre eux et nous en termes de préparation et de suivi des athlètes.

Le message que tu tentes de faire passer, c’est la « résilience ». Qu’est-ce que c’est ?

Une phrase : « Donnons le meilleur de nous-même pour n’avoir aucuns regrets. » C’est une façon de se dire qu’il faut toujours essayer de tout donner. Cela vaut autant en sport qu’au travail ou en amour. Il ne faut pas que notre conscience nous harcèle au cas où vous n’atteignez pas votre objectif. Je suis totalement contre la formule bateau, « Quand on veut, on peut », ça serait tellement facile…

La question Twitter posée par @LePortailDucycl :

Que pensez-vous des cyclistes valides qui gâchent leur métier, leur passion par le dopage ?

Dans notre société actuelle, nous sommes soumis à toutes formes de dopage. On voit des étudiants tricher au bac, des travailleurs se bourrer de médicaments pour tenir le coup ou des femmes qui ont recours à la chirurgie esthétique pour être plus séduisante que la voisine. Les sportifs sont dans le même cas car ils sont comparés entre eux. Le dopage est présent dans de nombreux domaines mais tant chez les valides qu’ailleurs… Personnellement, je ne tire pas ma force de la performance. Non. Que je gagne ou que je perde, cela m’est égal. L’essentiel, c’est le message que je souhaite transmettre dans les milieux sportifs, professionnels et hospitaliers. Enfin, heureusement pour moi, je gagne plus souvent que je ne perds ! (rires).

Fiche Personnelle :

Nom : Lambert

Prénom : Jérôme

Date de Naissance :18/09/1984

Palmarès : 2012 – Champion de France route.

Vice-champion de France de Contre-La-Montre.

Vainqueur avec les valides en UFOLEP (Fenain & Bergues) et en FSGT.

2011 – Champion de France Route.

Equipe : – AS Hellemes (2006 – 2012) sous contrat avec Cofidis de 2010 à 2012.

                – Faches Thumesnil (1999 – 2006)

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