Le chocolat autour du cou

Terminer quatrième c’est souvent passer à côté de quelque chose, surtout lors d’un championnat. Pas de médaille, pas de podium, pas de conférence de presse. Les médias ne parlent pas de vous, vous n’avez rien à fêter et vous n’avez que votre « médaille en chocolat » en guise de consolation. Quatrième, la place du con ? Nous sommes allés à la rencontre de tous les coureurs qui ont terminé à la 4e place lors des championnats de France de l’avenir à Albi. Ils répondent.

 Fanny Zambon

CLM Juniors Dames : Fanny Zambon (Rhône-Alpes)

« Je venais à Albi dans l’optique de bien figurer sans toutefois avoir un objectif précis en tête. Je savais que le Top 10 était jouable, mais je ne l’avais pas spécifiquement préparé. Je voulais surtout prendre du plaisir, tout donner, et découvrir cette épreuve, les sensations de l’effort en solitaire que l’on pratique assez rarement au cours de la saison. En effet, ce n’était que mon 2e contre-la-montre de l’année.

Au départ, le circuit était un peu « plat » et j’avais peur qu’il ne me corresponde pas. J’ai eu du mal dans certains virages. Bien que je les ai repéré la veille, j’ai eu peur de me lancer lorsque je suis arrivé à pleine vitesse. Au contraire, j’ai apprécié les relances proposées par le circuit mais aussi l’arrivée, sur l’autodrome, où la route était magnifique !

Je suis une fille assez véloce mais qui manque de puissance. Etant donné que j’habite en Haute-Savoie, moi, ce que j’aime, c’est grimper. Il n’y a pas un entraînement sans monter quelque part ! J’aurais aimé accrocher un podium, mais je suis déjà contente de ma 4e place. A l’arrivée de mon chrono, j’avais un bon temps, mais il restait encore beaucoup de concurrentes à en finir. Je ne pensais pas faire si bien. C’est une belle surprise mais avec un peu d’expérience et une préparation plus spécifique peut-être que j’aurais pu faire mieux. »

Etienne Fabre

CLM Juniors Hommes : Etienne Fabre (Midi-Pyrénées)

« Le parcours du contre-la-montre était assez difficile, relativement roulant mais avec très peu de périodes de récupération. Un circuit très physique sur lequel il était primordial de rester concentré. Les quelques passages techniques passaient relativement bien. Les écarts se sont vraiment faits à la pédale. Je suis plutôt un bon rouleur et j’ai l’habitude de rouler avec mon vélo de chrono. C’est pour cela que j’étais mieux que lors des chronos des challenges nationaux.

Terminer 4e des France reste pour moi une surprise étant donné que je ne l’avais pas préparé plus que cela. Cette performance prouve que j’étais en grande condition et que j’aurai pu faire quelque chose sur la course en ligne (Il a dû abandonner sur chute en début de course, NDLR). Honnêtement, j’ai bénéficié de conditions climatiques favorables. Pour preuves sur les quatre premiers, trois sont partis dans les dix premières minutes. Le podium était trop loin (13 secondes). Ils étaient tout simplement plus costauds que moi, parce que je ne pense pas avoir fait d’erreur.

Pour l’année prochaine, on verra comment sera le circuit de la course en ligne. Je suis avant tout un routier et je risque de donner la priorité à l’épreuve en ligne, si le parcours me correspond. Dans le cas contraire, je pourrais préparer spécifiquement le contre-la-montre… » Affaire à suivre !

Julien Morice

CLM Espoirs : Julien Morice (Pays De Loire)

« Mon objectif sur ces championnats était clairement de monter sur le podium du contre-la-montre. Echouer au pied du podium est donc une petite déception pour moi, même si c’est loin d’être une contre-performance. J’avais préparé ce chrono avec des séances de derrière scooter et des intensités sur le vélo de chrono trois semaines avant l’échéance nationale.

Dès le départ, j’ai senti que je n’avais pas de bonnes sensations sur ce parcours. Heureusement que Benoît (Genauzeau, le directeur sportif du Vendée U, NDLR) était là pour me donner les temps intermédiaires et me pousser à rester dans l’allure. En passant la ligne, j’ai été surpris d’être devancé par Bruno Armirail (Midi-Pyrénées) car on ne l’attendait vraiment pas, mais il réalise une grosse performance en terminant à seulement 3 secondes de Yoann Paillot, le vainqueur. C’est comme ça. »

Guillaume Millasseau

Cadets : Guillaume Millasseau (Champagne-Ardenne)

« J’étais venu à Albi, sur ces championnats de France avec l’idée de monter sur le podium, pourquoi pas de m’imposer mais je pense que c’était la même chose pour les 135 coureurs au départ. Je me suis bien préparé pour ce grand rendez-vous de l’été. Je me suis senti en forme, dès le début de la course et j’ai donc décidé de me tester dans les premières difficultés. Puis je crois que c’est au troisième tour que je suis passé à l’offensive. On a tout de suite pris un peu d’avance avec le coureur du Centre. Après, tu es porté par le public dans les bosses et sur le circuit automobile, il y avait un monde impressionnant à m’encourager. Ça m’a donné des ailes.

Je ne pense pas en avoir fait trop durant la course. J’avais fait la course qu’il fallait faire, une course d’attaque. Malheureusement, un groupe est rentré de l’arrière avec de très bons coureurs. Ils m’ont repris dans le dernier tour, à l’amorce de l’ultime montée. Je n’ai pas voulu attendre la fin de course pour jouer la gagne car ce n’est pas dans mon tempérament d’attendre. Je suis un attaquant ! Je me suis surpris de faire 4e après l’échappée que j’ai mené. Il est vrai que la médaille n’est pas là, mais j’ai fait ce que je devais et ce que je pouvais faire. Ca reste une déception car j’y ai cru jusqu’au bout. Passer si près, c’est frustrant. Cela restera une très bonne expérience. »

Marine Lemarié

Juniors Dames : Marine Lemarié (Normandie)

« Les championnats, ce sont des courses d’un jour où tout peut arriver. Je n’avais donc pas d’objectifs « chiffrés ». La seule chose que je voulais, c’était de ne pas avoir de regrets, une fois la ligne d’arrivée franchie. Ma préparation a été difficile. J’ai été gêné par un problème musculaire au niveau d’une cuisse, le 15 août dernier, en course. J’ai décidé d’arrêter et de ranger le vélo pendant 4/5 jours pour me soigner. Ce n’était pas le top, à une semaine des France, mais je me disais que le plus gros du travail avait été fait en amont. Mentalement, j’étais confiante ce qui est toujours un plus avant d’aborder une telle compétition.

La course s’est bien déroulée. Les sensations étaient bonnes et je me suis retrouvée dans la bonne échappée assez tôt. Les filles les plus rapides comme Hélène Gérard (Bretagne) ou Soline Lamboley (Franche-Comté) n’étaient pas présentes. A partir de là, l’objectif était d’accompagner les coups car sans être sprinteuse, ce type d’arrivée me plaisait. Avant d’envisager une arrivée à 12, je me méfiais des comités doublement représentés comme la Bretagne.

L’attaque de Solene (Vinsot / Bretagne) était vraiment belle et on a mis beaucoup de temps à réagir. Personnellement, je ne voulais pas rouler car j’attendais que les comités avec deux filles prennent les « choses en main » mais ça ne s’est pas déroulé comme ça. J’ai dû faire l’effort. Je ne pense pas que cela m’ait été préjudiciable pour le sprint. Mon mauvais placement dans les 300 derniers mètres est davantage responsable de cette 4e place… C’est évident que j’étais déçue mais je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. J’ai aussi terminé 4e des championnats d’Europe et j’en arrive à me demander si je n’aime pas un peu trop le chocolat ! »

Defaye

Juniors Hommes : Jérémy Defaye (Côte D’Azur)

« Suite au contre-la-montre du Jeudi, où je décroche l’argent, j’étais vraiment heureux. J’étais sur le podium d’un France ! Et puis sur le chrono, je ne pouvais vraiment pas faire mieux. Du coup, je me suis présenté sur la course en ligne, assez détendu car mes championnats étaient déjà réussis sans être pour autant terminés. J’avais l’envie de bien faire mais je n’ai pas fait d’efforts inutiles. Cette semaine-là, j’avais de supers jambes et je visais un Top10.

Cette 4e place sur la course en ligne me satisfait. Dans le dernier tour, j’étais à fond et je ne pouvais plus suivre les attaques. J’ai crevé à 65 kilomètres de l’arrivée et j’ai dû produire un gros effort pour réintégrer le peloton. Juste à ce moment, une échappée de 20 coureurs a pris le large. Cet effort m’a peut-être coûté cher dans le final, mais c’est la course, c’est le vélo.

Au cours de ce championnat, j’ai senti que je pouvais rivaliser avec les meilleurs sur le contre-la-montre comme sur la course en ligne, et puis je n’oublie pas que je ne suis encore que Junior 1ère année. Désormais, je pense déjà à l’an prochain, à Saint-Omer, où j’irais pour y décrocher un titre ! »

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Espoirs hommes : Taruia Krainer (Polynésie Française)

« Mon objectif était de faire un Top 10. La course s’est très bien déroulée pour moi. J’ai attendu d’être dans les quatre derniers tours pour sortir. Mon erreur a été de laisser partir Flavien (Dassonville), qui était très fort ce jour-là. Personnellement, j’avais d’excellentes sensations tout au long de l’épreuve, surtout dans les deux difficultés que j’appréciais particulièrement.

A l’arrivée, j’étais très déçu de terminer à la 4e place, j’aurais vraiment souhaité rapporter une médaille à la Polynésie Française… mais avec du recul, je me dis que j’aurais signé, avant la course, pour finir dans le Top5, même à la quatrième place. Je pense qu’avoir été en tête de peloton juste avant le kilomètre m’a été préjudiciable pour l’arrivée car c’est revenu de l’arrière sur le final.»

Notes :

1 – Manque à l’appel, Evita Muzic (Minimes Cadettes / Franche-Comté)

2 – Photos : Caroline Valognes, Victor Charrier, Leslie Corbel

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