Sébastien Jullien : «Courir en Chine c’est faire du vélo en voyageant»

À 27 ans, Sébastien Jullien se fait un nom. Licencié au BAC 01, club amateur de Division Nationale 2 basé à Bourg en Bresse, le sprinteur s’offre un cycling-trip en Chine ! Pendant plus de trois mois, le Rhônalpin va traverser le pays de Xi Jinping à la quête d’un succès chez les professionnels. Pour La Gazette des Sports, il raconte son histoire. Entretien.

Sébastien Jullien  2014

«L’année dernière, je suis arrivé en Chine fatigué par un gros programme de courses en France, et les résultats n’étaient pas à la hauteur. Pour 2014, j’ai voulu préparer ma fin de saison française en juillet-août pour rester en forme lors de mon voyage en Chine, de fin août à début décembre. Pour l’instant tout se déroule bien. J’ai gagné deux courses et me suis classé trois fois deuxième cette année. 

Je suis arrivé en Chine le 25 août pour participer au tour de Chine 1 et 2 qui se déroule sur deux semaines avec 12 jours de courses. Pour la suite, j’ai un calendrier bien rempli. Je vais participer principalement au Tour de Poyang Lake qui se dispute sur 8 jours, et j’enchainerai avec le Tour de Tawu, sur 10 jours, et enfin le Tour de Fouzhou, pendant six jours.Sébastien jullien  2014 (2)

«Tout est possible !»

J’espère que ma pointe de vitesse me permettra de monter sur le podium lors de sprints massifs. Mais cela reste compliqué car le niveau est assez élevé et beaucoup de sprinteurs sont présents sur ces épreuves continentales professionnelles. Mais depuis ma victoire d’étape au Tour de Taihu Lake, en 2012, tout est possible !

Sur mes trois dernières années, j’ai couru environ un an à l’étranger. Entre la Serbie, le Maroc, la Chine. Mais aussi les Tours de Guyane et de Martinique. J’ai débuté l’aventure avec l’équipe CMI Green Over qui m’avait emmené sur le Tour de Serbie. J’avais remporté la dernière étape, au sprint, devant certains sprinters renommés comme Angelo Furlan.Sébastien Jullien : 2013

«Les chinois cherchaient un sprinter. J’ai accepté avec plaisir»

Mon aventure en Chine, c’est avec Bourg en Bresse Ain Cyclisme que j’ai pu y accéder. Le président de l’équipe chinoise est venu faire un partenariat. Il cherchait un sprinter. J’ai très vite accepté. Et avec plaisir !

Je me suis rapidement lié d’amitié avec cette équipe. En 2013, j’avais pour mission de leur trouver des coureurs français. J’ai donc intégré à l’équipe Julien Liponne et Simon Buttner. Et pour 2014, on est resté sur le même fonctionnement. Nous allons intégrer Benjamin Olivier et de nouveau Julien Liponne. Sébastien Jullien : 2013 (3)

«J’ai eu des contacts chez les pros…»

Pour moi, courir en Chine, c’est une façon de profiter du vélo pour voyager. Dès qu’il y a un voyage à l’étranger de proposé, je suis partant. De nos jours, cela reste vraiment dur de trouver une équipe professionnelle. J’ai bien eu des contact après mes victoires en continentale et continentale pro, mais rien de très intéressant. Pour faire partie des bonnes équipes professionnelles, il faut malheureusement passer par des managers ou avoir de bons amis dans le milieu. Et ce n’est pas mon cas ! Alors je ne préfère pas me prendre la tête. Je profite juste du vélo pour m’amuser et voyager.

En 1ère catégorie, je suis connu pour ma pointe de vitesse. Les sprints en continentale, continentale pro ou même Hors Catégorie, sont tout à fait différents. On ne les gère pas de la même manière. Chez les pros, ça ne roule pas en-dessous des 60 km/h dans les 20 derniers kilomètres. C’est dur de se placer à l’avant du peloton. Toutes les équipes essayent de faire pareil. Ça fait du monde. Et moi, je n’ai pas de lanceur. De poisson-pilote comme on dit. Du coup, je dois me placer dans la bonne roue. Et avoir de la chance. Parfois on peut monter jusqu’à 70 ou 75 km/h.Sébastien Jullien : 2013 (1)

«Avec le décalage horaire, c’est comme si je courais la nuit en France !»

La Chine est un pays avec un développement surnaturel. Les plus petites courses ressemblent à des Tours de France. Mais les grandes villes ne favorisent pas tellement les Chinois à progresser pour atteindre le niveau européen. 

Ce que je redoute souvent, c’est le décalage horaire. C’est vraiment dur en Chine avec les six heures de décalage. Surtout que les étapes partent à 9h le matin ! C’est dur de s’adapter. C’est comme si en France, je courais le nuit et dormais le jour. Il me faut au moins quatre ou cinq jours pour être dans le coup. C’est la même chose pour tous les coureurs occidentaux. Il n’y a que les coureurs chinois qui ne sont pas touchés. Niveau nutrition… La nourriture chinoise est grasse. Mais nous logeons dans de grands hôtels avec des buffets variés. Mais ils n’oublient pas de mettre du riz !»

Quoi de plus normal ? Suivez les réseaux sociaux de La Gazette des Sports pour rester au courant sur les résultats de Sébastien durant son aventure chinoise.

Par Josselin Riou
@Josselin_Riou

3 réflexions sur “Sébastien Jullien : «Courir en Chine c’est faire du vélo en voyageant»

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