Mathilde Gros, une novice qui apprend vite

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Provençale d’origine. Francilienne d’adoption. Mathilde Gros, 16 ans, a sans doute le parcours le plus atypique dans les pelotons qu’elle fréquente. Basketteuse de haut niveau, ses capacités physiques interpellent la fédération française de… cyclisme ! Après moins de six mois de pratique, la sociétaire de l’US Créteil est devenue double championne de France sur piste.

La complémentarité entre disciplines du cyclisme est bien connue. Bien souvent, des coureurs, garçons comme filles, passent du VTT ou de la piste vers la route. Mais le chemin qui mène du basket au cyclisme est moins souvent emprunté. Mathilde Gros, elle, a longtemps hésité avant de se décider. «Quand j’ai appris la nouvelle, je croyais à une blague. Quand mon père a eu l’entraîneur national de l’époque, Justin Grace, au téléphone, alors on a compris que c’était sérieux» se souvient la jeune fille. Avant ce coup de fil, Mathilde n’avait aucun atome crochu avec le petit monde de la petite reine. «Le cyclisme, ça ne m’intéressait pas !» confie-t-elle. Depuis, le cyclisme lui a apporté deux beaux titres nationaux.

Grégory Baugé, champion du monde en titre de la vitesse, prend un selfie avec Mathilde Gros, au centre, et ses dauphines de l'épreuve de vitesse cadettes
Grégory Baugé, champion du monde en titre de la vitesse, prend un selfie avec Mathilde Gros, au centre, et ses dauphines de l’épreuve de vitesse cadettes

Hyper active dans son enfance, près de Salon-de-Provence, Mathilde se met rapidement au basket. Elle a trois ans lorsqu’elle touche ses premiers ballons. Après plus de treize ans de pratique, elle quitte les parquets pour un vélo de piste. L’acclimatation au cyclisme n’est pas immédiate. «Les débuts ont été compliqué. Je chutais pas mal. Au moins trois fois !» Mais à force d’entêtement et de motivation, la Provençale, installée à Paris, a su se faire une place sur la piste. «J’ai découvert une passion. Ce n’est pas encore comme la relation qui me liait avec le basket mais je pense que ça le deviendra rapidement !»

Surtout si le cyclisme vient à lui apporter le succès comme ce fût le cas à Hyères, dans le Var, lors des derniers Championnats de France de l’Avenir sur piste. Spécialisée dans les épreuves de vitesse, façonnée par l’école de l’INSEP à Paris, où sont passés les plus grands champions comme Grégory Baugé, Mathilde Gros devenait la favorite logique de l’épreuve de vitesse individuelle. Non sans une pointe de stress. «Je n’avais rien à perdre. Du moins c’est ce je me disais…» Elle avait même tout à gagner pour une première expérience nationale.

Le bois surchauffé de la piste d’Hyères les Palmiers ne l’a même pas effrayée. Ni une, ni deux. La voilà embarquée vers le titre. Des séries puis des matchs à éliminations maîtrisés malgré une maigre expérience en compétition. Déjà championne régionale d’Île-de-France, la Cristolienne, elle évolue sous les couleurs de l’US Créteil, ne rate pas l’occasion de décrocher un premier maillot tricolore en vitesse individuelle. «Beaucoup d’émotions ! Je ne m’attendais pas à ça» relate-t-elle, quelques jours après sa performance. Mais plus qu’un titre, elle se révélera réellement en décrochant le titre du 500m départ arrêté… Junior (!) alors qu’elle n’est que cadette.

Surclassée pour l’occasion, elle domine ses adversaires et signe le meilleur temps. Tout en ayant un ou deux ans de moi que les concurrentes qu’elle côtoie. La preuve d’un talent certain. Un nouveau titre à la collection auquel ajouter une médaille d’argent décrochée en vitesse par équipes avec Elina Dragoni, équipière francilienne. Des breloques qui n’empêchent pas Mathilde Gros de gamberger et d’évacuer ses doutes. «Tant que je n’ai pas atteint l’objectif précis que je me suis fixé, j’aurai des doutes. J’aime les défis. Ils ne me font pas peur.»Mathilde_Gros_France_Cyclisme_Piste

Cette novice du cyclisme veut être championne olympique. L’horizon 2020 et Tokyo est tout tracé. Paris en 2024 ? Pourquoi pas. D’un rêve de participer aux Jeux Olympiques, Mathilde Gros espère en faire une réalité et surtout un succès. Mais en attendant, elle continue de «travailler, travailler et encore travailler.» Avant d’ajouter : «Pour l’instant, je n’ai rien prouvé. Je suis prête à bosser. Je dois le faire pour que les choses tournent en ma faveur.» Novice, certes, mais déterminée.

Par Josselin Riou
@Josselin_Riou

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